
La Cour des comptes européenne vient de rendre un rapport sur les coûts en hausse et retards persistants concernant 8 mégaprojets d’infrastructures de transports transeuropéen. Pour la France il s’agit des travaux de la ligne ferroviaire Lyon-Turin et du canal Seine-Nord Europe qui ne seront pas terminés en 2030, date de fin de l’ensemble de ces mégaprojets. Déjà en 2020, la Cour avait publié un rapport spécial qui faisait état de retards importants, d’augmentations des coûts, d’une mauvaise coordination entre les États membres et de faiblesses dans la supervision exercée par la Commission.
Sur les cinq dernières années, l’augmentation des coûts supplémentaires pour ces projets s’élève à 24%, toujours hors inflation, notamment pour la liaison Lyon-Turin (+23%) et 9% pour le canal Seine-Nord Europe.
Les retards gonflent sans arrêt, le retard par rapport à l’estimation initiale est dorénavant de 18 ans, glissement de 3 années supplémentaires depuis 2020 pour la liaison Lyon-Turin, avec une mise en service désormais prévue en 2033 (la Cour mettant en exergue une situation plus dégradée côté français qu’italien). Celui du canal Seine-Nord Europe est de 22 ans (plus 4 ans depuis 2020), avec une mise en service prévue en 2032.
A propos de ces dérives systématiques, la Cour observe que la directive du 7 juillet 2021 permettant de rationaliser les procédures d’octroi d’autorisation n’a pas été transposée de manière idoine par plusieurs États membres, la Commission ayant même engagé des procédures d’infraction contre cinq d’entre eux. Parmi lesquels la France qui, en dépit du décret du 2 décembre 2023, a reçu un avis motivé de Bruxelles le 12 février 2025, procédure toujours pendante à ce jour.
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